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Aïd el-Fitr 2026 Après la fête, la réalité du travail reprend ses droits

Aïd el-Fitr 2026

Après la fête, la réalité du travail reprend ses droits

En Côte d’Ivoire, les fidèles musulmans ont célébré, vendredi 20 mars 2026, l’Aïd el-Fitr dans une ambiance chaleureuse, faite de partage, de repas copieux et de moments de joie en famille. Cette fête majeure du calendrier musulman marque la fin du mois de Ramadan, période de jeûne, de privation et d’élévation spirituelle.

Mais à peine les festivités terminées, le quotidien a rapidement repris ses droits. Dès le samedi 21 mars, nombreux sont ceux qui ont retrouvé le chemin du travail, parfois sans véritable temps de repos.

C’est le cas de Fofana Abou, jeune cordonnier d’une quinzaine d’années. Vêtu d’un boubou bleu marine, il a parcouru plusieurs kilomètres, de Cocody Djorobité à Cocody Akouedo, pour exercer son activité. Déterminé, il ne laisse place à aucune ambiguïté : « La fête, c’était hier. Aujourd’hui, ce n’est plus le moment de se reposer, il faut travailler pour gagner sa vie. Si je reste à la maison, je ne gagne rien. » Face à la question de savoir s’il n’aurait pas pu se reposer davantage, il insiste : « On ne peut pas faire la fête tous les jours. Après la joie, il faut revenir à la réalité. »

Même rigueur chez Mariam Sidibé, conseillère clientèle dans une agence de téléphonie mobile. Pour elle, le sens du devoir prime sur l’ambiance festive : « Je suis de service aujourd’hui, donc je dois être là. La fête, c’est important, mais le travail aussi. Les clients comptent sur nous, surtout après un jour férié où il y a beaucoup de demandes. » Elle ajoute avec pragmatisme : « Même s’il y a un long week-end, notre responsabilité, c’est d’assurer la continuité du service. On ne peut pas tout arrêter. »

Fatoumata Diawara, déléguée déléguée médicale, n’a pratiquement pas connu de pause. Habillée d’une robe blanche en dentelle, elle a enchaîné les visites dans les hôpitaux de Cocody. Fatiguée mais engagée, elle confie : « Dans notre métier, il n’y a pas vraiment de repos. Même pendant les périodes de fête, les patients sont là, les hôpitaux fonctionnent, donc nous aussi. » Avant d’ajouter : « J’ai travaillé du vendredi au samedi. C’est exigeant, mais c’est la réalité de notre profession. »

Dans son agence de transfert d’argent, Ali Zoungrana a également repris très tôt ses activités. Dès les premières heures de la matinée, il était à son poste pour accueillir ses clients. Pour lui, la reprise rapide est une évidence : « Après la fête, les besoins augmentent. Les gens envoient de l’argent à leurs proches, règlent des dépenses… On doit être disponibles. » Conscient des exigences de son activité, il poursuit : « Même si on est fatigué, on n’a pas le choix. Le travail ne peut pas attendre. Si on ouvre tard, on perd des clients. »

Au lendemain de l’Aïd el-Fitr, si les souvenirs de la fête restent encore vivaces, la plupart des travailleurs ivoiriens se replongent sans tarder dans leurs activités, portés par un même impératif : celui de subvenir à leurs besoins et de répondre aux exigences du quotidien.

 

Désirée Dro

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