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Proxénétisme et exploitation sexuelle Trois nigérianes devant le tribunal

Proxénétisme et exploitation sexuelle

Trois nigérianes devant le tribunal

Trois ressortissantes nigérianes, Tessy Alex alias Princess Ikhudria, Okoli Blessing Ngozi et Purety

Fumi, sont poursuivies devant la justice pour traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle et

blanchiment de capitaux. Installées à Toupounou, dans la ville de Daoukro, les prévenues exercent

officiellement dans la restauration et la vente de boissons. Mais selon l’accusation, ces activités

serviraient de couverture à un réseau de prostitution.

À l’audience du jeudi 12 mars 2026, Okoli Blessing et Purety Fumi, toutes deux anciennes prostituées,

ont reconnu devant le juge qu’elles faisaient venir des compatriotes nigérianes pour les livrer à la

prostitution. Elles ont expliqué exiger de ces dernières une somme journalière de 2 000 FCFA pour

certaines et 2 500 FCFA pour d’autres. En plus de leurs activités de restauration, les deux femmes

loueraient également des baraques à 2 500 FCFA par jour, dont 500 FCFA pour l’électricité, à des

personnes qui s’y livreraient à la prostitution.

Pour sa part, Tessy Alex alias Princess Ikhudria affirme ignorer les activités exercées par les locataires

dans les baraques qu’elle met en location.

Lors des réquisitions, le parquet a demandé au tribunal de requalifier les faits. Selon le ministère

public, les éléments du dossier permettent d’établir l’infraction de proxénétisme, conformément à

l’article 358 du Code pénal. Le procureur a également soutenu que les faits de blanchiment de

capitaux sont constitués, en se fondant sur l’article 9 de l’ordonnance n°2022-875 du 23 novembre

2022 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, estimant que les revenus tirés de la

prostitution ont été introduits dans le circuit économique légal. En conséquence, le parquet a requis

cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende de 10 millions de FCFA contre les prévenues.

De son côté, la partie civile, l’État de Côte d’Ivoire, a réclamé 5 millions de FCFA de dommages et

intérêts. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 26 mars prochain.

Marie Chantal Obindé

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