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Abidjan : Les maquis pris d’assaut malgré l’exode

Abidjan : Les maquis pris d’assaut malgré l’exode

 

Alors qu’une grande partie de la population abidjanaise a pris la route de l’intérieur du pays pour célébrer le Paquinou, certains maquis de la capitale économique ont, contre toute attente, affiché complet. À Akouédo comme à Yopougon, l’ambiance est restée électrique, preuve que la fête de Pâques peut aussi se vivre pleinement en ville.

Au Le Temple du Live, difficile de trouver une place libre en cette soirée pascale. Les tables sont occupées, les chaises se rajoutent à la hâte, et les serveurs enchaînent les allers-retours. Devant les clients, des bouteilles de Heineken, de Bock ou encore des verres de vin témoignent de la ferveur ambiante.

« Franchement, on dirait même que les gens ne sont pas partis ! », lance en riant un serveur visiblement débordé. « Depuis l’après-midi, on ne s’arrête pas. Les commandes s’enchaînent, les clients sont là, et ils consomment bien. »

Même constat au Le Grand Maquis d’Akouédo où la musique bat son plein. Entre coupé-décalé et musiques traditionnelles, les clients chantent, dansent et trinquent dans une ambiance survoltée. Pour beaucoup, pas question de regretter de ne pas être allés au village.

« Nous, on n’est pas partis, mais la Pâques est venue à nous ! », affirme Koffi, un client attablé avec ses amis, bouteille à la main. « Regardez autour de vous, il y a du monde, il y a l’ambiance… on ne sent même pas qu’on est restés à Abidjan. »

À Le Canari, la scène est similaire. Le maquis est bondé, les grillades fument, et les rires fusent de toutes parts. Ici, les clients savourent attiéké-poisson et poulet braisé dans une atmosphère festive et bruyante.

Une serveuse confie, essoufflée mais souriante : « On pensait que ça allait être calme avec les départs, mais c’est tout le contraire. Les gens sont sortis massivement. Depuis hier, on ne se repose pas. »

Du côté des clients, l’ambiance est à la satisfaction. « Tout le monde ne peut pas aller au village », explique Awa, venue célébrer avec ses collègues. « Mais ça ne veut pas dire qu’on doit rester à la maison. Ici, on mange bien, on boit, on danse… c’est aussi ça la fête de Pâques. »

Entre musique entraînante, boissons fraîches et convivialité, les maquis d’Abidjan ont une fois de plus démontré leur capacité à rassembler. Malgré les départs vers l’intérieur du pays, la ville n’a pas perdu son énergie. Bien au contraire, dans ces espaces de vie et de partage, Pâques s’est célébrée avec intensité, prouvant que la fête ne dépend pas d’un lieu, mais de l’ambiance que l’on crée.

 

Désirée Dro

 

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