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Edouard Tanoh, Directeur du développement stratégique de Inter Management Consulting (IMC)

Edouard Tanoh,

Directeur du développement stratégique de Inter Management

Consulting (IMC)

« Nous avons des solutions pour les collectivités »

La structure Inter Management Consulting (IMC) a joué un rôle

majeur dans la mobilisation des partenaires internationaux, lors

du dernier symposium du sénat sur les collectivités. Son

directeur du développement, Edouard Tanoh s’est ouvert à

Liberté.

Liberté : Votre entreprise accorde une grande priorité au

développement des compétences des collectivités. Pourquoi ?

E T : Les collectivités sont des éléments importants dans le

processus de décentralisation et donc des acteurs clés du processus

de transformation de la Côte d’Ivoire. Il nous semble donc important

que les acteurs de ces entités soient formés pour conduire les

destins des populations. Si les acteurs des collectivités sont bien

formés, ils seront plus à même de trouver en interne, des solutions

aux problèmes qu’elles rencontrent. C’est un processus primordial

pour répondre, par exemple, à la question du financement qui se

pose à toutes les collectivités.

Liberté : Les collectivités ont-elles, aujourd’hui, les moyens de

trouver les solutions aux problèmes qu’elles rencontrent ?

E T : Tout dépend de leurs ambitions et la démarche qu’elles

utilisent pour les réaliser. La première chose à faire, c’est de

procéder à un inventaire rigoureux des moyens disponibles pouvant

aider à résoudre le problème qui a été identifié où satisfaire le besoin

qui a été clairement formulé. Si ce travail est bien mené, alors on se

rend compte que chaque collectivité dispose d’un immense potentiel.

Donc, tout part de l’étape cruciale de l’expression claire des besoins.

Liberté : Les besoins sont-ils correctement identifiés et

clairement exprimés dans les collectivités ?

E T : Je pense que non, sinon nous n’aurions pas tant de défis qui

ont conduit à l’organisation du symposium du Sénat. Cette situation

est en grande partie due au fait que les collectivités ne disposent pas

de toutes les compétences pour exprimer leurs besoins. L’expression

des besoins obéit à une certaine démarche, une méthodologie qui,

en l’état actuel, ne sont pas forcément bien maîtrisées par les agents

des collectivités.

Liberté : Les acteurs sont-ils eux même convaincus qu’ils ne

disposent pas toutes les compétences requises ?

E T : Ecoutez, au fur et à mesure que nous les rencontrons, nous

nous rendons compte de l’ampleur de cette difficulté à exprimer

clairement les besoins. Finalement, je crois que cette situation doit

être identifiée comme étant l’un des besoins fondamentaux. Dans

certaines communes ou régions, un professeur de lettres est chargé

de la planification, alors qu’il n’en a pas la compétence. Quand on a

mis la planification en place, il faut la mettre en œuvre, faire le suivi

et évaluer les résultats. Certains agents des collectivités ignorent

cette démarche. En outre, nombreux sont ceux qui ne savent pas

que le plan stratégique d’une collectivité doit faire l’objet d’une revue

annuelle. L’objectif étant de revisiter l’objectif ou même le reformuler.

Après l’étape de l’expression du besoin, il faudra faire les points des

ressources y compris les moyens financiers, mobilisables en interne

pour adresser le besoin exprimé. Si les ressources de la collectivité

ne lui permettent pas de satisfaire ses besoins, elle pourra trouver

les ressources additionnelles à l’extérieur, sans forcément endetter la

collectivité.

Liberté : Comment aidez-vous les collectivités à pallier ce

manque de compétence ?

E T : Nous disposons de plusieurs outils qui nous permettent de

poser un diagnostic et d’accompagner efficacement le

développement de nos territoires. Nous avons l’indice de

performance de la collectivité territoriale. Les résultats de cette

enquête nous permettent de savoir de réaliser un état des lieux de la

collectivité. Sur la base de cet état des lieux, nous pouvons, par la

suite, suggérer un plan stratégique devant permettre de décliner la

vision sur cinq ou dix ans.

Pour résumer, le cabinet IMC contribue à structurer les besoins des

collectivités territoriales pour élaborer avec elles des projets de

développement local.

Liberté : Quelles solutions concrètes préconisez-vous sur la

question du financement ?

E T : La première source de revenu d’une collectivité, ce sont ses

potentialités. Il faut espérer que ces potentialités permettent d’avoir

les moyens localement. Dans le cas contraire, les collectivités

peuvent capter plusieurs sources de financements alternatifs.

Toutefois, nous constatons que soit nos élus locaux ignorent

l’existence ces financements alternatifs, soit ils n’ont pas les

compétences requises pour s’y engager. C’est là que nous

intervenons. Nous pouvons les accompagner à trouver des

financements, par exemple, à travers des prises de participations

dans des entreprises. Il existe aussi des fonds dans le cadre de la

coopération entre collectivités. Malheureusement, le manque de

compétence des collectivités fait souvent apparaitre des

insuffisances dans la gestion des premiers bénéficiaires et

compromet les chances d’autres collectivités de se voir octroyer ces

financements. Notre rôle, c’est justement de leur donner les

compétences pour réussir et pouvoir établir un partenariat solide et

durable avec ces fonds.

Liberté : Partagez-vous l’avis des élus locaux qui demandent la

fin du contrôle a priori ?

E T : On ne peut pas nier à l’Etat son droit de contrôle. Mais, le

contrôle a priori est fastidieux. Nous pensons qu’on peut trouver un

juste milieu qui consistera à faire le contrôle, pendant de la mise en

œuvre du projet pour s’assurer que les process sont respectés, sinon

on rectifie. On peut aussi contrôler à la fin pour s’assurer que les

procédures prescrites ont été suivies.

Liberté : Quelles solutions proposez-vous au manque de

compétences des élus locaux qui a été plusieurs fois relevé ?

E T : Les élus doivent être formés à la matière spécifique du

développement local. Ils doivent accepter d'apprendre les

procédures de pilotage d’un territoire et pouvoir encadrer leurs

agents. Quand le chef et les agents sont formés, alors ils parlent le

même langage, ce qui rend le travail plus fluide. Le succès de la

décentralisation passe par la formation des élus locaux.  

Interview réalisée par

Faustin Yao K.

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